Catherine Olivier, Christian Ruperti, Jean-Pierre Salvador, Irène Tautil, Gérard Tautil

--Signes 2

SIGNES / SIGNA

 

Editorial 4

(Janvier 2019)

La société civile, force muselée, est aussi la clé du changement


Aujourd’hui, la majorité des partis de gauche comme de droite se réclame d’une conception
« républicaine ».

Mais la nature monarco-républicaine de la constitution de la Ve
République musèle la vie politique. La gauche s’est intégrée majoritairement à ce système. Il
en résulte une abstention grandissante, une droitisation du corps électoral, l’affaiblissement
des partis et des syndicats. Le mouvement des Gilets Jaunes, malgré ses ambiguïtés et les
tentatives de récupération de certains partis est une réaction qui s’inscrit dans ce contexte
d’étouffement de la parole citoyenne et de la société civile. Nous revendiquons depuis longtemps l'augmentation du SMIC, la taxation des entreprises dont les bénéfices sont  cachés dans les paradis fiscaux (y compris et surtout en Europe), le RIC  et le retour à l'ISF. Et ce n'est pas le "Grand Débat" de E.Macron -aux questions soigneusement sélectionnées- qui  le fera sortir de l'impasse dans laquelle il s'est enfermé.

 

Un système politique bloqué


Or c’est la société civile qui est aujourd’hui l’une des clés du changement démocratique
face aux manoeuvres d’appareils et à la politique autoritaire de E. Macron. Simple constat :
toutes les mobilisations, à l’exception de la mobilisation syndicale contre la « loi travail » et le
mouvement des cheminots, qui se sont organisées depuis plus de cinq ans, l’ont été à
l’initiative de la société civile ou de mouvements alternatifs :
- lutte pour une agriculture paysanne et contre la monoculture intensive (Sivens) ;
- défense des terres fertiles contre un aérodrome (Notre-Dame des Landes) ;
- lutte contre les pesticides dont le glyphosate ; lutte contre l’imposition du Linky,
- lutte contre les boues rouges (Gardanne-Alteo), recherche d’alternatives innovantes pour
l’emploi, alors que Macron est favorable au maintien du site;
- luttes contre l’extension de l’ouverture libérale des marchés (Tafta, Ceta), dont les effets
directs sont une agression contre les productions de pays.


D’autres luttes de la société civile sont ignorées par les médias :


- comme la mobilisation pour la reconnaissance de la « Charte européenne des langues
régionales » dont un vote peu glorieux du parlement (27 députés présents en nocturne) a
muselé la ratification ; le système centraliste français étouffe l’expression des différences
territoriales, linguistiques et culturelles qui font l’originalité des territoires ;
- Il en va de même pour le mouvement de récupération de la langue d’Oc - les Calandretas
écoles bilingues en langue de pays- auxquelles l’Etat refuse de reconnaître un statut d’utilité
publique.
- Initiatives pour le respect de l’identité régionale « Provence », contre l’acronyme
technocratique « Sud-Paca » décidé par M. Muselier ;
En Provence, de nombreuses interventions sont le fait des mouvements associatifs et
des organisations sociales et politiques marginalisées par le scrutin majoritaire :
- luttes contre les grands projets inutiles (La LGV en Provence, dans le Var et les Alpes
maritimes notamment) que la Région s’obstine à réaliser malgré la dette de la SNCF;
- luttes locales contre la dégradation des centres urbains et leur environnement (Aix-
Marseille) ;
- luttes contre la politique migratoire répressive de l’Etat (Roya, Briançon…) ;
- Manifestations unitaires contre la résurgence des groupes d’extrême droite et dénonciation
de la faiblesse des pouvoirs publics face à leurs manifestations et provocations ;
- etc…

Face aux ressources limitées de la planète et à la forme dominante d’une conception
rétrograde du développement
, la société civile exprime une revendication démocratique pour
plus de justice sociale et environnementale. Elle est aussi présente dans toutes les initiatives
qui favorisent la diversité culturelle, le respect des langues, la personnalité régionale dans
toutes ses manifestations.

 

 

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Editorial 3

OÙ ALLONS-NOUS ?

Mars 2018

 

   La commune de Signes vit au rythme de ses conseils municipaux qui décident des orientations et des décisions à prendre au coup par coup. Tant que des élections locales ne se présentent pas, on a cette impression renouvelée que rien ne change fondamentalement dans le jeu de la démocratie locale. Dans ce contexte, la réaction citoyenne, collective, se fait aussi attendre.

 

   Aux différentes questions que nous soulevons, nous avons des réponses convenues ou dilatoires. Nous pouvons en rappeler rapidement l’essentiel.

 

A la question de l’opération Linky qui s’est imposée en force par le biais de « la Varoise de dépannages » (Six-Fours, les Négadoux), société chargée par la commune de la pose des compteurs, la réponse du service juridique de la commune n’a pas répondu aux questions posées par nous et s’est avérée conventionnelle, alors que l’opposition dans l’hexagone se renforce. Mais fait plus grave, aucune délibération n’a été votée sur ce dossier important qui ne profite financièrement qu’à EDF.  Une fois de plus, nous dénonçons ce passage en force. (voir notre échange de courriers dans la rubrique « Société » du site).

A la question du Spanc qui est chargé du contrôle de l’assainissement des fosses septiques, le coût exorbitant exigé annuellement -et sans service correspondant depuis trois ans- a motivé un mouvement important de plus de 1000 refus de paiement à l’instigation du Collectif « SPANC SSB- le juste prix ». Si la Communauté d’Agglomération Sud-Sainte-Baume et notre maire, vice-président, n’interviennent pas pour réajuster ce « service » privé et son prix prohibitif à la baisse qui s’apparente à un impôt féodal, une action en justice sera sans doute diligentée. (Le bilan financier de la Spanc du 1er juin au 31 mai 2017 s’élève à 76000€ : 17% du chiffre d’affaire-/451000€- Les impayés mis à part).                          

A la question de l’usine d’enrobés Lafarge sur le point d’être opérationnelle (ou fonctionne-t-elle déjà ?), l’association « Signes Environnement », à laquelle nous avons adhéré, poursuit en justice le promoteur de ce « projet ». Les débouchés sont évidents : faire fonctionner le BTP, réaliser les couvertures des dessertes routières et autoroutières, dans la logique de l’exploitation des carrières locales en expansion, dans le  territoire du PNR. La commune qui a délibéré contre ce projet n’intervient pas sur les nuisances potentielles de cette réalisation, sous prétexte que la décision relève de l’Etat et du préfet favorables.Une non réponse qu’il faut souligner, en écho au centralisme historique français qui laisse les communes seules devant le fait du Prince.

A la question de l’attaque du service public  avec la Poste, nous avons initié une pétition contre la restriction de la présence au guichet dont sont victimes les personnels et les usagers. La suppression des boites postales fin janvier 2018 est la goutte de trop… Citoyens au Pays- La Chambrette demande aux Signois et à toutes celles et tous ceux qui défendent le service public de signer massivement cette pétition en cours. Une demande d’entrevue sera demandée au responsable du secteur et un courrier adressé au Médiateur. Nous demandons également à la commune une délibération en réponse à cette situation.

●  Une enquête sur l’aménagement du centre de la commune vient de commencer à notre initiative sous la forme d’un questionnaire qui est diffusé à Signes et ses écarts. Nous vous tiendrons au courant des retours à mesure de sa diffusion. Son contenu se trouve sur le site. Pensez à y répondre et à le faire connaître.

 ● A la question culturelle du nom de la Région, décidée par la majorité régionale sans enquête préalable ni participation citoyenne, nous avons dit que le terme de PROVENCE était plus en harmonie avec la réalité provençale, historique et culturelle, ancienne de 2000 ans plutôt que SUD ajouté à l’acronyme technocratique PACA qui ne signifie rien. A Signes, une délibération présentée par l’Adjoint à la culture n’a retenu que 4 votes favorables. Les vieux réflexes conservateurs sont encore loin d’être dépassés.

   Nous appelons à signer et faire signer la pétition sur change.org  (pétitions sur internet) en faveur de Provence qui approche les 15000 signataires dont des maires du Var, à commencer par le maire de La Seyne/sur/Mer et de Correns après délibération de leur Conseil municipal.

 

   A SIGNES comme dans d’autres communes varoises, la mobilisation citoyenne nous semble impérative pour des raisons élémentaires : faire participer la communauté citoyenne à la vie de la cité et faire avancer le débat démocratique qui ne se réduit pas à un conseil municipal, quelle que soit la bonne volonté de ses participants. L’écoute des associations représentatives de la vie de notre commune doit être prise en compte.

 

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Editorial 2

Avril- 2017

 

La présidentielle, et après ?

Dans l’immédiat, comment opérer un choix électoral démocratique ? C’est la question centrale posée par chaque élection.

     A mesure que se rapproche ce scrutin présidentiel porté par un système politico- médiatique omniprésent,  ne perdons pas de vue les enjeux immédiats  masqués pour le citoyen lassé par les affaires, les mises en examen, mais aussi par des élections à répétition et des programmes plus prometteurs les uns que les autres dans le cadre de ce système constitutionnel. C’est toujours l’homme providentiel qui est au cœur de cette Ve République. Ses racines sont dans la mise en place de l’élection présidentielle au suffrage universel, dans le prolongement de la révolution de 1848 où les Républicains se retrouvèrent minoritaires face à Napoléon III ! Depuis, le système a peu évolué et s’est renforcé avec la constitution gaulliste votée elle aussi par référendum (28/10/1962). C’est dans ce cadre que cette élection permet ensuite de faire des élections législatives au scrutin majoritaire qui donnent une assemblée favorable au nouveau président. Et c’est bien dans ce contexte centraliste que les variantes du nationalisme ont prospéré.

 

    La classe politique dans son ensemble a fonctionné sans remettre fondamentalement en question ce système. Il a permis une concentration des pouvoirs (articles 16 et 49-3), le non renouvellement des équipes dans des alternances droite/gauche, la non représentation de courants alternatifs. La droite, dans ses variantes (Chirac, Sarkozy), s’y est maintenue avec tous les procès et entorses qu’elles ont toujours contournés. La gauche a dénoncé ses propres engagements de campagne (Mitterrand, Hollande), reprenant à son compte les « impératifs » libéraux de la globalisation économique, via l’Europe actuelle. Il en est résulté une stagnation démocratique  qui a favorisé la remontée d’une extrême droite disqualifiée depuis Vichy. Le F.N. y a trouvé toutes les conditions de la permanence d’un Etat fort ; il est bien le dernier à vouloir changer cette constitution à sa main.  Des candidats  soutiennent encore le 49-3, tel E. Macron qui s’y réfère ouvertement. Pour les candidats de la droite et de l’extrême droite comme pour certains qui s’affirment de gauche, elle est le moyen le plus efficace pour renforcer cette constitution monarchique.

 

   Aussi, dans ce contexte de monarchie « républicaine » et de conservatisme institutionnel, la place faite à une démocratie de proximité est virtuelle, donc absente.

 

    - Comment dans ces conditions ne pas reconnaître que ce type d’élection du prochain monarque est une fiction démocratique qui ne sert qu’à réélire les sortants, dans une logique d’alternance gauche-droite, au mépris de toute véritable représentation à la proportionnelle ?

   - Comment ne pas reconnaître que le risque du FN est une conséquence de ce système bloqué ?

   - Comment ne pas assumer cette évidence sinon en répondant aux demandes des exclus de cette société et en recherchant dans nos régions des  réponses sociales, écologiques et culturelles adéquates qui ne sont pas imposées par Paris et Bruxelles ? N’est-ce pas au niveau local et régional que la démocratie peut renaître ? En lisant les grandes lignes des programmes des candidats, c’est sans doute là que le choix du vote devrait se faire pour nous Provençaux. Quelles réponses sur nos savoir-faire régionaux, sur les services publics dans les zones désertifiées, sur la sécurité nucléaire, sur notre langue et notre culture ? C’est là que devront se faire les choix de chacun.

 

   CITOYENS AU PAYS ne se considère pas comme une officine de bons conseils en direction des électeurs conscients et échaudés par les politiques en cours. Il invite chacun à ne pas céder à la tentation du vote « utile » mais à choisir, sans illusion, le candidat qui reflète le mieux ses aspirations au mieux vivre dans un contexte de démocratisation inachevée.  

     Cependant, une seule consigne vaut pour nous : éliminer au 1er et au 2e tour les représentant-e-s de la droite extrême et de l’extrême droite.

Tout vote peut y contribuer, y compris le vote blanc (enveloppe vide) qui n’est toujours pas reconnu mais qui est comptabilisé dans le compte global des votants.  

Car après cette élection et les législatives qui suivront,  TOUT RESTE A FAIRE !

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Editorial 1

(Février 2017)

A l’écoute de nos concitoyens et de nos territoires

 

  C’est parti ! Nous avons le plaisir d’ouvrir ce site qui s’adresse aux habitants de la commune de Signes/Signa comme à ceux du Var et de Provence. L’actualité est lourde d’événements et de conflits : terrorisme, dérèglement climatique,  politiques intérieures, affaires, surenchères politiciennes autour de thèmes sociaux et sociétaux, xénophobie rampante,  amplification d’une idéologie individualiste et consommatrice (pas pour tous !), place de plus en plus réduite à la citoyenneté dans le « Pays des Droits de l’Homme et du Citoyen », culture unique qui réduit toute expression de la diversité à un statut de marginalité … La liste, déjà « longuasse », pourrait malheureusement s’étoffer si nous voulions.

 

   Au niveau local, les Provençaux que nous sommes subissons la loi régalienne – celle de l’Etat et de ses relais préfectoraux, départementaux et régionaux ; les politiques municipales s’intègrent aujourd’hui de plus en plus dans la politique intercommunale, sans pour autant donner à la Région les moyens d’une politique de développement durable et contrôlé démocratiquement. Le centralisme français historique continue en réformes territoriales technocratiques qui ne remettent pas en question le millefeuille politico-administratif, mais au contraire continuent à privilégier le département, relais du pouvoir central. Le grand écart est aujourd’hui de rigueur entre communes, intercommunalité, départements, régions, Etat, Europe. Le local et le global sont loin de faire bon ménage dans le jeu démocratique et les logiques décisionnaires qui échappent au citoyen.

 

   Les communes se débattent dans la recherche de subventions, de primes et de taxes par le biais de projets coûteux, en liaison avec le secteur privé : concentration de champs  photovoltaïques, ouverture de carrières sous la pression du BTP, usines d’enrobés pour soi-disant répondre à la demande du secteur routier, autoroutier et du bâtiment. Les lobbys font pression  contre l’intérêt général. La fiction, le mensonge du « développement  durable » renforcent la logique dominante du productivisme et du profit pour les grandes sociétés comme Lafarge, Veolia et d’autres. Car les dividendes obtenus sont des profits de courte vue pour les communes qui pratiquent ce jeu à double tranchant : dépendances et absence de contrôle  démocratique de leur propre territoire, concentration de pseudo zones industrielles de « développement », pollutions aggravées, politiques faites au nom de la protection de l’environnement qui vont à l’encontre des usagers de terrain (agriculteurs, chasseurs, randonneurs, associatifs, tous amoureux de leur patrimoine local et régional).

   Il faut tourner la page ! Un autre projet de développement, une autre politique démocratique sont possibles en étroite liaison avec les populations. Aussi, notre participation aux politiques locales et régionales ne pourra se faire que de façon critique et constructive. C’est ce chemin que nous vous proposons, sans partis pris ni préjugés.

Faisons masse ! Rejoignez-nous !

Et comme on dit en Provençal :

Entre totei, farem tot ! Entre toutei faren tout ! Faisons et avançons ensemble !

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